


Deux
ans plus tard, n’y tenant plus, elle convainc sa bande de
trekkeurs, dont son inséparable frérot,
d’aller user leurs grolles au Ladakh,
dans le nord du pays. A la sortie de l’avion tout y
est : l’agitation,
l’odeur indescriptible, la circulation, les sourires, les
regards, les copains
indiens aussi...
Notre périple a d’abord été
déterminé en fonction de nos envies,
puis des contraintes extérieures (climat,
problèmes de visa). Nous avons choisi
par exemple d’effectuer la traversée
d’Ouest en Est pour des raisons
climatiques. En effet, le Ladakh – que nous traverserons
pendant la période de
la mousson – est la région la plus
épargnée par les pluies diluviennes qui
arrosent l’Asie tout l’été.
Et si,
au lieu de traverser le Zanskar en quelques jours, nous
traversions l’Himalaya en quelques mois ?
D’autres y ont pensé avant nous
bien sûr, l’idée n’est pas
d’avoir un projet inédit...
L’idée est de vivre un
rêve. Un rêve d’un an, fait de
rencontres, d’aventures, de paysages grandioses
et… de plongée dans l’inconnu !

Aujourd’hui, le voyage
prend forme : des centaines d’heures
passées à récolter des informations,
s’initier à l’hindi, lire des
récits de
voyage, tenter de dénicher des cartes de la
région un tant soit peu précises,
se battre avec les formalités administratives, trouver les
financements… La
route qui mène à l’Himalaya est
semée d’embûches…
Trekking
or climbing ?
Guide or
not guide ?
Amateurs de haute montagne, nous souhaitons
réaliser l’ascension d’un
maximum de sommets sur notre parcours. Nos sacs à dos
étant déjà bien remplis,
il nous est impossible de transporter notre matériel
technique. Nous avons donc
décidé de louer du matériel dans les
villes importantes que nous traverserons
(Leh, Pokhara, Katmandou) et d’effectuer les ascensions
depuis ces villes avec
l’aide de guides locaux.

Nous avons toujours privilégié le
voyage au gré de nos pas et… de notre
sens de l’orientation infaillible bien
sûr ! On ne compte plus les
rencontres faites autour d’une carte et d’une
boussole… C’est pourquoi le
recours aux services d’un guide ne s’impose pas
pour nous comme une évidence.
Allez là où l’on veut, quand on veut,
voilà notre philosophie de voyage.
Cela
dit, nous ne rechignerons pas à solliciter l’aide
d’un guide local si un passage
de col enneigé s’avère
délicat ou dans le cas d’une ascension
particulièrement
technique.
Dix mois de marche effective, deux mois de sécurité (en cas de blessure, problème avec le visa népalais, et autres imprévus)
Transfert en bus jusqu’à Dharamsala. Dépôt de vêtements et médicaments à une
association tibétaine (recherche en cours). Si possible, rencontre avec la sœur
du Dalaï Lama grâce à des contacts.
| JUIN | Dharamsala à Leh via Keylong, Kargyak et Markha. Nos pas croiserons une nouvelle fois la mythique traversée du Zanskar pendant quelques jours : séquence nostalgie ! |
| JUILLET | Quelques jours de repos à Leh, puis trek de huit jours Lamayuru - Leh avec des amis. Mi-juillet, départ pour la grande traversée Leh-Tso Moriri via quatre 6000 : le Stok Kangri, le Kang Yatse et les deux Mentok. Un grand défi sportif, en autonomie totale. |
| AOUT | Leh à Vallée de la Spiti (Kaza), via le lac du Tso Moriri. Trek très sauvage où nous risquons de rencontrer des problèmes de ravitaillement. Nous longerons la frontière tibétaine sur une bonne partie du parcours. |
| SEPTEMBRE | Vallée de la Spiti (Kaza) à Yamnotri via le tour du Kinnaur Kailash. Des décors à couper le souffle, une région aride, très préservée par le tourisme. Permis de trek (car zone frontalière avec le Tibet) à retirer à Kaza. |
| OCTOBRE | Yamnotri à Mahendranagar via Gangotri, Kedarnath, Badrinath, la magnifique vallée des fleurs, Joshimat et Pindari Glacier. A la découverte du mysticisme hindouiste ! Yamnotri, Gangotri, Kedarnath et Badrinath constituent ce que l’on appelle le Char Dham, marquant les sources des quatre fleuves sacrés : la Yamuna, le Gange, la Mandakini et l’Alaknanda. De nombreux pèlerins parcourront ces lieux sacrés lors notre passage : l’occasion de rencontres passionnantes ! |
| NOVEMBRE | Dipayal à Juphal via Kolti, le Rara National Park et Jumla. Au pied des 8000… |
| DECEMBRE | Juphal à Pokhara (renouvellement du visa) via Jomoson et Tatopani, petite excursion au cœur du sanctuaire des Annapurna. |
| JANVIER | Pokhara à Katmandou (renouvellement du visa) via Paudi Bazaar, Somdang et Langang National Park. |
| FEVRIER | Katmandou à Siliguri (frontière indo-népalaise). |
| MARS | Siliguri à Camp de base du Kanchenjunga, plus haut sommet indien – culminant à 8586 mètres –, sans doute le 8000 le plus préservé des dérives de l’himalayisme. Pour nous, un rêve d’ascension future ? |
Le visa indien ne pose aucune
difficulté : facile à
obtenir, d’une durée de six mois et renouvelable
dans la même année. Le visa
népalais, par contre, ne se laisse pas facilement
dompter… Valable deux mois,
il est renouvelable pour un mois, puis un mois
supplémentaire (voire un
cinquième mois dans quelques rares cas), ce qui nous oblige
à traverser le
Népal en quatre mois ! Nous sommes actuellement en
cours de négociation
avec l’administration népalaise –
manifestement peu encline à faire des
exceptions – pour nous permettre d’assouplir notre
calendrier de trek (pour le
moment, nous nous calons effectivement sur une traversée en
quatre mois). Dans
certaines zones, nous aurons également à nous
munir d’un permis de trek (notre
trajet évite soigneusement les zones interdites aux
trekkeurs indépendants).
Nourriture
Autre question vitale : comment
marcher pendant un an dans des zones quasi désertes sans
mourir de faim et de
soif ? L’eau ne devrait pas être un
problème récurrent : à
quelques exceptions
près, les zones que nous traverserons seront bien
approvisionnées (nous
porterons chacun 3L d’eau). L’alimentation en
revanche risque de nous poser
quelques soucis… Nous devrons parfois fonctionner en
autonomie pendant
plusieurs jours (jusqu’à dix jours
maxi), et là, inutile de compter sur de la nourriture
lyophilisée… Soupe
chinoise, riz et tsampa (préparation à base de
farine d’orge) constitueront la
base de notre alimentation. Que ce soit sur place (chez
l’habitant) ou à
emporter (dans nos sacs), la variété ne fera pas
partie de nos menus !
Gloutonnerie autorisée une fois par mois environ, lors de
nos passages dans les
« grandes » villes
(c’est-à-dire les villages de plus de dix
habitants…).
Logement
Si nous avons décidé de
porter notre
maison sur notre dos, ce n’est pas pour autant que nous
comptons loger tous les
soirs sous la tente…Tout comme lors de nos
expériences précédentes, nous
logerons chez l’habitant dès que nous le pourrons.
C’est pour nous le meilleur
moyen d’échanger et de partager la vie de nos
hôtes. C’est souvent moins
confortable que la tente, mais c’est toujours le lieu de
rencontres
extraordinaires...
![]() |
Suivre notre périple en direct sur notre blog : http://duodescimes.canalblog.com |