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Préparatifs

Naissance d'un projet

2003. Premiers contacts d’Astrid avec l’Inde au cours d’un échange universitaire à Lucknow. Cinq mois fabuleux entre les cours la semaine et les trips routards le week-end. Le coup de foudre est immédiat !

Photo troupe Ladakh    Deux ans plus tard, n’y tenant plus, elle convainc sa bande de trekkeurs, dont son inséparable frérot, d’aller user leurs grolles au Ladakh, dans le nord du pays. A la sortie de l’avion tout y est : l’agitation, l’odeur indescriptible, la circulation, les sourires, les regards, les copains indiens aussi...
    Pour nous deux, ce fut l’occasion de partir à l’aventure en équipe dans un lieu inoubliable, en conjuguant sport, montagne et découverte de l’autre. Les rencontres dans ce type d’effort sont toujours fortes, particulièrement au Ladakh où l’accueil de l’étranger fait partie intégrante de la culture.

    La traversée du Zanskar en autonomie fut un rêve éveillé, du bonheur à l’état pur : pratiquer notre activité favorite dans un cadre somptueux, en toute liberté, voilà une vie faite pour nous. Ces trois (trop) courtes semaines ont fait germer une petite idée dans notre tête... Et si...

    Et si, au lieu de traverser le Zanskar en quelques jours, nous traversions l’Himalaya en quelques mois ? D’autres y ont pensé avant nous bien sûr, l’idée n’est pas d’avoir un projet inédit... L’idée est de vivre un rêve. Un rêve d’un an, fait de rencontres, d’aventures, de paysages grandioses et… de plongée dans l’inconnu !
Préparation carte

  
Aujourd’hui, le voyage prend forme : des centaines d’heures passées à récolter des informations, s’initier à l’hindi, lire des récits de voyage, tenter de dénicher des cartes de la région un tant soit peu précises, se battre avec les formalités administratives, trouver les financements… La route qui mène à l’Himalaya est semée d’embûches…





Trajet

Carte du parcours

    Notre périple a d’abord été déterminé en fonction de nos envies, puis des contraintes extérieures (climat, problèmes de visa). Nous avons choisi par exemple d’effectuer la traversée d’Ouest en Est pour des raisons climatiques. En effet, le Ladakh – que nous traverserons pendant la période de la mousson – est la région la plus épargnée par les pluies diluviennes qui arrosent l’Asie tout l’été.

    Pour le point de départ du trek, notre choix s’est porté sur Dharamsala en Himachal Pradesh, lieu d’exil du Dalaï Lama et de milliers de Tibétains. Surnommée Little Tibet, c’est une ville qui a joué un rôle important lors de l’invasion chinoise, et qui nous a toujours fascinés. De là, nous grimperons vers le nord, en direction de Leh, capitale du Ladakh d’où nous tenterons l’ascension de quelques sommets.

    Nous parcourrons ensuite l’Himalaya indien jusqu’à la frontière népalaise que nous comptons atteindre fin octobre. Nous passerons donc l’hiver au Népal, quatre mois à affronter le froid et la neige ! Enfin, nous rejoindrons la mythique ville de Darjeeling, bien connue pour ses plantations de thé, avant d’atteindre le camp de base du Kangchenjunga, l’un des 8000 mythiques qui sillonnent la chaîne himalayenne.


Trekking or climbing ? Guide or not guide ?
   Amateurs de haute montagne, nous souhaitons réaliser l’ascension d’un maximum de sommets sur notre parcours. Nos sacs à dos étant déjà bien remplis, il nous est impossible de transporter notre matériel technique. Nous avons donc décidé de louer du matériel dans les villes importantes que nous traverserons (Leh, Pokhara, Katmandou) et d’effectuer les ascensions depuis ces villes avec l’aide de guides locaux.
Climbing
Stok Kangri, Mera Peak, etc. : nous avons le choix parmi les dizaines de 6000 qui sillonnent l’Himalaya…
   Nous avons toujours privilégié le voyage au gré de nos pas et… de notre sens de l’orientation infaillible bien sûr ! On ne compte plus les rencontres faites autour d’une carte et d’une boussole… C’est pourquoi le recours aux services d’un guide ne s’impose pas pour nous comme une évidence. Allez là où l’on veut, quand on veut, voilà notre philosophie de voyage.
Traces de pas
  Cela dit, nous ne rechignerons pas à solliciter l’aide d’un guide local si un passage de col enneigé s’avère délicat ou dans le cas d’une ascension particulièrement technique.


Calendrier prévisionnel


   Dix mois de marche effective, deux mois de sécurité (en cas de blessure, problème avec le visa népalais, et autres imprévus)

Départ : 28-31 MAI

Notre vol nous fait atterrir le 28 mai au matin à New-Delhi. 
Transfert en bus jusqu’à Dharamsala. Dépôt de vêtements et médicaments à une association tibétaine (recherche en cours). Si possible, rencontre avec la sœur du Dalaï Lama grâce à des contacts.

JUIN Dharamsala à Leh via Keylong, Kargyak et Markha. Nos pas croiserons une nouvelle fois la mythique traversée du Zanskar pendant quelques jours : séquence nostalgie !
JUILLET Quelques jours de repos à Leh, puis trek de huit jours Lamayuru - Leh avec des amis. Mi-juillet, départ pour la grande traversée Leh-Tso Moriri via quatre 6000 : le Stok Kangri, le Kang Yatse et les deux Mentok. Un grand défi sportif, en autonomie totale.
AOUT Leh à Vallée de la Spiti (Kaza), via le lac du Tso Moriri. Trek très sauvage où nous risquons de rencontrer des problèmes de ravitaillement. Nous longerons la frontière tibétaine sur une bonne partie du parcours.
SEPTEMBRE Vallée de la Spiti (Kaza) à Yamnotri via le tour du Kinnaur Kailash. Des décors à couper le souffle, une région aride, très préservée par le tourisme. Permis de trek (car zone frontalière avec le Tibet) à retirer à Kaza.
OCTOBRE Yamnotri à Mahendranagar via Gangotri, Kedarnath, Badrinath, la magnifique vallée des fleurs, Joshimat et Pindari Glacier. A la découverte du mysticisme hindouiste ! Yamnotri, Gangotri, Kedarnath et Badrinath constituent ce que l’on appelle le Char Dham, marquant les sources des quatre fleuves sacrés : la Yamuna, le Gange, la Mandakini et l’Alaknanda. De nombreux pèlerins parcourront ces lieux sacrés lors notre passage : l’occasion de rencontres passionnantes !
NOVEMBRE Dipayal à Juphal via Kolti, le Rara National Park et Jumla. Au pied des 8000…
DECEMBRE Juphal à Pokhara (renouvellement du visa) via Jomoson et Tatopani, petite excursion au cœur du sanctuaire des Annapurna.
JANVIER Pokhara à Katmandou (renouvellement du visa) via Paudi Bazaar, Somdang et Langang National Park.
FEVRIER Katmandou à Siliguri (frontière indo-népalaise).
MARS Siliguri à Camp de base du Kanchenjunga, plus haut sommet indien – culminant à 8586 mètres –, sans doute le 8000 le plus préservé des dérives de l’himalayisme. Pour nous, un rêve d’ascension future ?

Le climat

MeteoUn des paramètres vitaux de notre périple… Aléatoire bien entendu, la météo himalayenne peut néanmoins être détaillée dans les grandes lignes : le Ladakh que nous traverserons en été est relativement épargné par la mousson et il faut s’attendre à des températures élevées la journée et à des nuits fraîches (sans être froides) ; l’automne est la meilleure saison pour traverser l’Himachal Pradesh et l’Uttaranchal, malgré la fraîcheur nocturne et l’enneigement éventuel des cols ; la plus grosse difficulté viendra de l’hiver népalais et de ses températures extrêmes : peu de précipitations, mais un thermomètre qui peut atteindre sans difficulté les -30°C !
Visas et autorisations de trek

VisasLe visa indien ne pose aucune difficulté : facile à obtenir, d’une durée de six mois et renouvelable dans la même année. Le visa népalais, par contre, ne se laisse pas facilement dompter… Valable deux mois, il est renouvelable pour un mois, puis un mois supplémentaire (voire un cinquième mois dans quelques rares cas), ce qui nous oblige à traverser le Népal en quatre mois ! Nous sommes actuellement en cours de négociation avec l’administration népalaise – manifestement peu encline à faire des exceptions – pour nous permettre d’assouplir notre calendrier de trek (pour le moment, nous nous calons effectivement sur une traversée en quatre mois). Dans certaines zones, nous aurons également à nous munir d’un permis de trek (notre trajet évite soigneusement les zones interdites aux trekkeurs indépendants).

Nourriture

NourritureAutre question vitale : comment marcher pendant un an dans des zones quasi désertes sans mourir de faim et de soif ? L’eau ne devrait pas être un problème récurrent : à quelques exceptions près, les zones que nous traverserons seront bien approvisionnées (nous porterons chacun 3L d’eau). L’alimentation en revanche risque de nous poser quelques soucis… Nous devrons parfois fonctionner en autonomie pendant             plusieurs jours (jusqu’à dix jours maxi), et là, inutile de compter sur de la nourriture lyophilisée… Soupe chinoise, riz et tsampa (préparation à base de farine d’orge) constitueront la base de notre alimentation. Que ce soit sur place (chez l’habitant) ou à emporter (dans nos sacs), la variété ne fera pas partie de nos menus ! Gloutonnerie autorisée une fois par mois environ, lors de nos passages dans les « grandes » villes (c’est-à-dire les villages de plus de dix habitants…).

Logement

LogementSi nous avons décidé de porter notre maison sur notre dos, ce n’est pas pour autant que nous comptons loger tous les soirs sous la tente…Tout comme lors de nos expériences précédentes, nous logerons chez l’habitant dès que nous le pourrons. C’est pour nous le meilleur moyen d’échanger et de partager la vie de nos hôtes. C’est souvent moins confortable que la tente, mais c’est toujours le lieu de rencontres extraordinaires...

Lien vers blog
Suivre notre périple en direct sur notre blog :
http://duodescimes.canalblog.com